De tristes chiffres...

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de chomeurs (qui font 0h déclarées)
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de personnes vivent sous le seuil de pauvreté (800 € / mois)
0 %
d'embauches en CDD en 2015 d'après la DARES

Durée moyenne du travail en France

D'après étude de la DARES sur 2003-2011

Pour l’année 2011 :

  • Cadres : 44,1 heures
  • Ouvriers : 39,5 heures
  • Professions intermédiaires : 38,8 heures
  • Employés : 38 heures

Pourquoi la semaine de 4 jours ?

Miser sur la croissance n'est plus possible

Le sens commun nous fait dire que l’économie ne se construit que par rapport à la croissance économique. L’une serait dépendante de l’autre. Or, la croissance ne cesse de diminuer depuis des décennies, alors que dans le même temps les politiques ne jurent que par son retour.

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D’autant plus que croissance économique n’est pas synonyme de création d’emplois. Pour preuve, en 1980 le PIB de la France s’élevait à 500 milliards d’euros. En 2012, il était de 2000 milliards d’euros… ce qui représente en trente ans une croissance du PIB de 400 %. Bien que nous produisions quatre fois plus de richesses par an qu’il y a trente ans, le chômage sur la même période a, quant à lui, été multiplié par trois. En effet, avec la révolution technologique, la création de richesses ne nécessite plus autant de bras qu’auparavant.
Nous travaillons moins que nos aïeux qui eux-mêmes travaillaient moins que leurs aïeux !

Prenons un exemple très concret : l’application WhatsApp parvient à un chiffre d’affaires d’une vingtaine de millions de dollars, et ce sans service marketing, ni service de presse, ni pôle dédié à la monétisation de l’audience ou à la publicité.

Pour achever de vous convaincre, des blagues d’économistes expliquent que se marier avec sa femme de ménage reviendrait à faire baisser la croissance… ou qu’une épidémie en France serait bénéfique en raison de l’augmentation de la production et de la vente de vaccins (sans pour autant que cela ne crée un seul emploi…).

Le partage du temps de travail actuel est un scandale

Aujourd’hui, ce qui est fou, c’est d’accepter le partage du travail actuel sans le remettre en cause ni même en débattre. Il y a, d’un côté, cinq millions de personnes inscrites à Pôle emploi, dont la plupart font 0h par semaine et d’un autre côté, des salariés qui font plutôt 40h par semaine (la moyenne pour ceux en CDI étant de 39,6h d’après l’INSEE)… sans compter tous nos amis qui cumulent des petits boulots en temps partiel !

En réalité, le partage du temps de travail actuel est binaire, et n’est en aucun cas négocié. Le chômage et la précarité obligent les travailleurs à plier face aux employeurs, et ils ne peuvent entreprendre un dialogue sous peine de se voir rétorquer « Si tu n’es pas content, va voir ailleurs ! »… tout en sachant que pour le moment, il n’y a pas d’horizon.

Le seul horizon qui se trace devant nous, à l’image de l’Allemagne ou de l’Angleterre dont le taux de travailleurs à temps partiel représente plus d’1/4 des emplois, semble être la précarisation de l’emploi avec la fin des CDI et la prolifération des contrats à temps partiel par la facilitation du licenciement économique. La part des CDD dans les embauches ne cesse de croître: elle a atteint 84,2% en 2014, niveau le plus haut de ces quinze dernières années, selon les dernières données de la Dares. Il faut comprendre alors que, d’une certaine manière, c’est opérer une baisse du temps de travail, ce que cherche à démontrer par exemple l’économiste et statisticien français Michel Husson lorsqu’il écrit : « Le temps partiel imposé et le chômage sont aussi des moyens de réduire le temps de travail. La question n’est donc pas de savoir s’il faut réduire la durée du travail, mais de savoir comment organiser cette réduction : soit par l’exclusion, soit par l’égalité. »

Un nouvel équilibre entre vie personnelle et vie professionnelle

La qualité de vie de chacun d’entre nous s’est améliorée au fil des décennies. Et si on prenait alors le temps d’en profiter ?

L’équilibre entre vie privée et vie professionnelle constitue, avec l’intérêt du travail et l’ambiance de travail, les trois ingrédients les plus essentiels pour générer de la satisfaction professionnelle.

Un jour de plus, c’est davantage de temps consacré à sa vie privée : du temps pour pratiquer son sport, pour monter son association, pour aller au musée, pour voir ses amis ou sa famille.

Certains ont une vie professionnelle étouffante, tandis que d’autres se retrouvent avec une vie privée victime de la précarité : un tiers des salariés estime consacrer trop de temps à leur travail.

Pourtant, au fils des décennies, l’Homme a pu consacrer davantage de temps à sa famille, à ses loisirs culturels ou sportifs.

Assouplir l’organisation du travail est l’une des clés garantes d’un meilleur équilibre vie professionnelle – vie privée.

Les pistes préférées des salariés français pour une meilleure conciliation vie privée – vie professionnelle demeurent les aménagements des horaires et des modalités de travail

Et tout le monde y gagne ! Autant l’entreprise que les employés.

Robots, numérique, formations : révolution de la productivité

croissance_0– En 40 ans, l’économie française a doublé sa production (+ 113 %) avec 4 % de travail en moins (gains de productivité).

– Dans le même temps la population active passait de 22,4 à 28,62 millions de personnes (+ 28 %), grâce au baby-boom et au travail des femmes.

– Le total des heures travaillées (tous secteurs confondus) est passé de 42 milliards d’heures à 40,2 milliards en 2013 (Insee)

Nous voyons tous autour de nous que les gains de productivité, déjà faits et encore à faire sont considérables. Grâce à ces gains, on produit de plus en plus de biens et de services avec de moins en moins de travail humain. Regardons autour de nous : que ce soit dans les grandes surfaces ou dans la plupart des services, la robotisation s’est accélérée.

Les cycles économiques s’accompagnent de révolutions industrielles : nous sommes passés de la société agraire à la société industrielle pour finir aujourd’hui par vivre au sein de la société qualifiée de tertiaire, c’est-à-dire celle des services. Le progrès économique est rejoint par le progrès social : dans la mesure où nous sommes parvenus à améliorer les conditions de travail par la mécanisation, cette automatisation s’accompagnait d’une baisse logique du temps de travail.

L’imprimante 3D est considérée par certains comme la quatrième révolution industrielle : là où il y avait besoin de dizaines de bras, une seule machine les remplace. Ainsi, l’imprimante 3D arrive à construire 10 maisons en moins de 24 heures !

Si l’on ne réduit pas le temps de travail, on continuera à diminuer les effectifs.

Une autre organisation du travail est possible !

Réinvestir le débat public en mettant le sujet du partage du temps de travail au centre des négociations est déjà une avancée : en parler c’est réfléchir aux organisations hebdomadaires qui seraient les mieux adaptées à chacun, conciliant efficacité économique et développement personnel.

La réduction du temps de travail n’est pas la seule solution pour l’emploi mais elle en est une ! Pour sortir du chômage, une réduction massive du temps de travail est nécessaire.

La réduction du temps de travail est un mouvement inscrit dans l’histoire : au début du siècle, on travaillait 7 jours sur 7 et 12 heures par jour, dans la plupart des métiers, puis on est passé à 6 jours, puis 5… Il s’agit simplement de relancer un progrès qui s’est bloqué.

Cette amélioration du partage du travail doit être précédée de négociations internes aux entreprises, pouvant s’inspirer des différentes possibilités permises par le système proposé.

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Passer à la semaine de 4 jours c’est rétablir une plus juste répartition des richesses. Les gains de productivité servent de plus en plus les actionnaires et de moins en moins à l’investissement et, surtout, aux travailleurs eux-mêmes. Rétablir une plus juste répartition des richesses est crucial : baisser le temps de travail sans perte de revenus fait partie du processus.

Avec la semaine de 4 jours, la compétitivité augmente car avec davantage de temps libre la qualité de vie s’améliore, les employés sont plus reposés et plus efficaces. Seules les heures supplémentaires vraiment nécessaires à la bonne marche de l’entreprise sont maintenues.

L’idée du passage rapide aux 4 jours sur 5 a déjà été exposée à plusieurs chefs d’entreprise (PME et grosses entreprises, entreprises publiques et privées). Certains voyant les bénéfices qu’ils pouvaient en tirer (meilleure organisation du travail, climat social et motivation, image…), sont déjà en train d’en étudier les modalités pratiques d’application. Les politiques actives de réduction du temps de travail mises en oeuvre depuis quelques mois dans certaines entreprises montrent in vivo que le passage aux 4 jours sur 5 est une option réaliste, y compris pour les cadres.

Par ailleurs, comme la compétitivité des entreprises n’est pas touchée par le passage aux 4 jours sur 5, cette évolution peut être décidée au niveau national sans attendre que nos partenaires européens prennent position sur cette question. Pour le salarié, le passage aux 4 jours sur 5 devrait assurer une meilleure qualité de vie (  « travailler moins pour vivre mieux  » au travail comme le reste du temps) et la certitude de garder longtemps son emploi : il n’y a plus de sureffectifs dans l’entreprise et les gains de productivité sont synonymes de compensation salariale et non plus de suppressions d’emplois (tous les trois ans, l’Assemblée nationale pourrait réétudier la question du temps de travail)

La semaine de 4 jours sans baisse des salaires est possible

C’est sans doute l’une des faiblesses du débat public en France : nous passons notre temps à nous déchirer autour d’une idée mise dans le débat par un acteur et que certains voudraient présenter comme la solution miracle. On oppose trop souvent 4 concepts qui gagneraient pourtant à être associés. Et si tous avaient raison à la condition d’agir, en même temps, sur cescroissance_0 4 leviers ?

C’est à nos yeux, la clef d’une politique réellement efficace de lutte contre le chômage : baisser le temps de travail ET baisser les cotisations pour les entreprises qui créent réellement des emplois ET avoir une organisation interne à l’entreprise plus efficace ET améliorer l’accès à la formation.

 

Le financement pensé de la semaine de 4 jours par plusieurs économistes peut prendre diverses formes, mais il assure toujours une création d’emplois sans baisse des salaires, et concilie les 4 piliers vus plus haut.

Pour certains d’entre eux, afin d’augmenter l’effet sur l’emploi et pour limiter la pression mise sur les salariés, il faut absolument que les exonérations soient conditionnées à des créations d’emplois :
1. Pas d’exonération sans une baisse effective de la durée du travail.
2. Pas d’exonération s’il n’y a pas 10 % au moins d’embauche en CDI.

Ainsi le principe général (à détailler selon les branches et la taille des entreprises) pourrait être le suivant : une exonération de 8 % pour les entreprises ayant réduit leur durée réelle à quatre jours/32 heures et créé 10 % d’emplois en CDI.

L’exonération reviendrait en grande majorité à l’UNEDIC (6%) et serait porté pour la fin par l’Etat (2%).

Pour d’autres, et cela vient confirmer l’idée de cette première proposition de financement, la création d’emplois suffit elle-même.

L’âge moyen de cessation d’activité était de 60 ans en 2012 parce que de nombreux actifs âgés sont licenciés et ne retrouvent pas de travail, ou sont mis en préretraite. Si les entreprises les gardaient jusqu’à leurs 60 ans, cela permettrait de compenser la perte de cotisation sociale induite par la cessation d’activité des plus de 60 ans.

Le deuxième argument, c’est que le chômage coûte terriblement cher à la société. L’ensemble des coûts directs et indirects liés au chômage peut être estimé à 70 milliards d’euros par an. Si l’on réduisait très fortement le chômage en partageant le travail, cela permettrait d’économiser entre 2 et 3 % du produit intérieur brut (PIB) et de financer la réduction du temps de travail.

La lutte contre les inégalités femmes-hommes est également un levier. La différence des taux d’activité et de temps partiel entre les femmes et les hommes entraîne une perte de recettes publiques considérable. Certaines études démontrent que, si les femmes avaient le même taux d’activité et les mêmes niveaux de salaires que les hommes, il n’y aurait aucun problème de financement des retraites.

#TravaillerMoinsPour :

  • Pratiquer des activités sportives et extérieures

  • Se cultiver, réfléchir, penser la société

  • Profiter de sa vie personnelle et familiale

  • Combattre le chômage et la précarité

  • S'engager dans des associations et s'affirmer citoyen

LES RÉPONSES AUX PRÉJUGÉS SUR LA SEMAINE DE 4 JOURS

La réduction du temps de travail est un mouvement historique, qui s’est construit au fil des décennies, permettant d’accompagner le progrès économique de ce progrès social. Nous sommes bien passés de la semaine complète du travail au repos dominical pour aboutir au week-end pour la plupart d’entre nous. Et pourtant, à chaque fois qu’il était question de poursuivre ce progrès social, une partie expliquait que c’était carrément inenvisageable et que l’économie serait totalement détruite. Au regard de la situation actuelle, c’est leur position qui nous semble irréaliste ! Le 23 avril 1919 par exemple, lors du passage à la journée de huit heures, des conservateurs affirmaient que “ Le passage à la journée de huit heures empoisonne la vie nationale. Elle paralyse tous les efforts tendant à la production intensive , qui est la condition de notre relèvement. Nous avons besoin de beaucoup de blé, de beaucoup de viande, de beaucoup de vin, de beaucoup de tissu donc beaucoup d’engrais, de beaucoup de machines…” et pourtant la journée de huit heures n’a pas été un frein à la reconstruction !
Il faut d’autant plus avoir en tête que cette réduction du temps de travail est opérante, qu’on le veuille ou non, par la prolifération des contrats à durée déterminée, dont la part est en constante augmentation dans les emplois. Dès lors, si l’on propose des temps partiels, c’est bien qu’il y a une raison : on peut faire moins d’efforts grâce aux gains de productivité. Ainsi, la problématique n’est plus de savoir si c’est réalisable ou non, puisque la réduction du temps de travail continue de se dérouler d’elle-même, mais plutôt de l’organisation de ce partage du temps de travail. Ce qui est irréaliste, en vérité, c’est que certains aient à travailler 6 jours 7 par semaine pour survivre, pendant que d’autres ne trouvent pas d’emploi…

Le discours refusant aux responsables d’encadrement la capacité à être périodiquement relayés par une autre personne (comme l’induit la semaine de 4 jours) est fondé sur une triple conviction : le cadre serait indispensable (rien ne peut se faire, aucun dossier n’avance en son absence), il serait irremplaçable (nul autre que lui n’a les capacités et les connaissances pour agir), le cadre travaille dans l’urgence (toute décision doit être immédiate). Ce triptyque est discutable. Le cadre n’a pas en permanence pour fonction d’agir lui-même, mais aussi d’organiser et de coordonner l’action de ses collaborateurs. En ce sens, l’une de ses qualités principales réside en sa capacité à déléguer (portant sur des tâches qui ne sont pas directement du ressort du responsable ou bien sur certaines des siennes propres en son absence). Lorsqu’une tâche est déléguée à un collaborateur, celui-ci la réalise, prend les décisions correspondantes et en rend compte. Un responsable d’encadrement sachant déléguer peut s’absenter un jour par semaine. De même, l’élévation du niveau général de formation signifie probablement que les capacités intellectuelles et les connaissances techniques générales du cadre ne sont plus des ressources aussi rares que par le passé : il suffit de voir le nombre de diplômés sur le marché du travail !
Enfin, si l’on regarde attentivement les membres du MEDEF : ils sont la preuve vivante qu’un cadre, supérieur ou patron, peut passer à quatre jours. Les responsables du MEDEF alternent des journées passées dans leurs entreprises et des journées à Paris dans leur siège voire sur les plateaux télés. Or, à ce que l’on sache, leurs entreprises n’en sont pas mortes… il est donc bien possible de déléguer une partie des tâches que l’on effectuait !

Absolument pas. La compétitivité n’est pas touchée par le passage aux 4 jours sur 5 car elle ne coûte pas plus cher pour les entreprises dans la mesure où l’entreprise travaille toujours autant. Le passage à la semaine de 4 jours se réalise pour les travailleurs; l’entreprise, elle, continue de fonctionner toute la semaine normalement, et ce comme avant. La seule différence, qui toutefois a son importance, réside dans le fait que les employés seront plus efficaces puisque plus heureux, trouvant un véritable équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle. Le bonheur des uns fait le bonheur des autres.

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